Les Pierres du Bonheur
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Pierres précieuses et minéraux
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GIA

Berne : Emmanuel Haller, 1795-1796

Première édition française, 4 tomes en 3 volumes In-8 ; xliv, [1p. errata], 299p., [2p.] ; 273p., [2p. errata, indice] ; 281p., [2p.], 124p., [1p.] ; 9 planches dépliantes.

Reliure d’époque en veau marbré, plats encadrés d’un triple filet doré, dos lisses ornés avec pièces de titre en maroquin rouge, tranches marbrées. Quelques frottis et épidermures, travail de vers sur 1cm en pied d’un mors, autrement bon exemplaire agréablement relié, en bel état de fraîcheur intérieure.

 

Ouvrage du célèbre naturaliste italien, consignant ses observations sur le volcanisme et la géologie, avec la description détaillée des volcans et de leurs produits, ainsi que des observations sur l’histoire naturelle, la faune et la flore des îles Lipari. Le dernier volume contient une relation de l’éruption du Vésuve du 15 juin 1794. Les belles planches dépliantes représentent l’Etna, le Stromboli, le Vésuve, des grottes et formations volcaniques, la ville de Lipari et Campo Bianco.

 

« Lazzaro Spallanzani (1729-1799) est certainement l’une des figures les plus éminentes de la science italienne de la fin du dix-huitième siècle. Il peut être considéré comme un exemple très significatif du niveau d’éclectisme scientifique et d’encyclopédisme atteint par les naturalistes italiens à la fin de ce siècle, alors même que certaines disciplines de recherche commençaient à s’organiser sous l’effet d’une tendance graduelle à la spécialisation.

Il laissa un nombre impressionnant d’articles et d’ouvrages imprimés, souvent traduits dans les principales langues européennes et plus de deux cents volumes d’archives personnelles manuscrites, y compris une énorme correspondance avec de nombreux savants italiens et européens. En outre, ses collections naturalistes ont été conservées, ainsi que certains de ses instruments.

Dans le cadre de ses recherches sur le terrain, l’approche méthodologique de Spallanzani est particulièrement significative car elle était particulièrement liée à l’utilisation des voyages comme moyen incomparable d’observation et de comparaison des données.

L’exploration des Apennins, particulièrement dans les environs de Scandiano, s’effectua durant toute la vie de Spallanzani car il passait régulièrement la majeure partie de l’été dans sa ville natale.

En novembre 1769, quand l’abbé Spallanzani fut nommé professeur d’histoire naturelle à la prestigieuse université de Pavie, sa production scientifique était déjà impressionnante et bien connue de la communauté scientifique européenne.

Au début des années 1780, Spallanzani commença progressivement à concentrer son attention sur la géologie et plus précisément la lithologie. Ce retour à un domaine de recherche qu’il avait seulement abandonné de façon temporaire, se produisit en relation avec une série de voyages scientifiques en Italie et à l’étranger ; ces voyages avaient déjà commencé au milieu des années 1770, officiellement pour récolter des spécimens pour le cabinet d’histoire naturelle de l’université de Pavie.

Le développement ultérieur de ses préoccupations géologiques est attesté par plusieurs notes et journaux manuscrits relatifs à une série de voyages géologiques qui eurent lieu au rythme d’au moins un voyage par an entre 1779 et 1792. Spallanzani visita la Suisse (1779), Gênes et la côte orientale de la Ligurie (1780), Marseille (1781), la Côte Adriatique (1782), les Alpes apuanes et Garfagnana, au nord ouest de la Toscane (1783), Chioggia et la côte de Vénétie (1784), la province de Gênes (1785), Constantinople et l’Europe orientale (1785-1786), l’Italie méridionale (1788), l’Apennin de Modène, les collines Euganéennes et la Vénétie (1789-1792).

La bonne connaissance qu’avait Spallanzani de la littérature géologique du dix huitième siècle est une autre preuve de la continuité de son intérêt pour l’étude de la surface terrestre, qui le conduisit à explorer les Alpes apuanes en 1783, et plus tard, au long voyage jusqu’à Constantinople et en Europe orientale en 1785-1786. Ce voyage fut extrêmement important par les nombreuses observations géologiques, naturalistes, météorologiques et anthropologiques qui purent être réalisées à cette occasion, et aussi par la description des régions minières renommées de Transylvanie et de Hongrie qu’en rapporta Spallanzani. Celui-ci avait prévu de publier à la fin des années 1790 le Journal de sont voyage à Constantinople, mais il mourut avant d’avoir commencé la réalisation de ce projet. C’est pourquoi son manuscrit ne fut publié qu’à la fin du dix neuvième siècle.

Il est indéniable que les résultats les plus significatifs des recherches géologiques de Spallanzani furent publiés dans les « Viaggi alle due Sicile e in alcune parti dell’Appennino » (1792-1797). Ce travail impressionnant en six volumes (1ère édition en 4 volumes ; complété de 2 volumes supplémentaires dans la 2nd) qui nécessite une très longue préparation contient les comptes rendus de plusieurs voyages en Italie Méridionale (dans le Royaume des deux Siciles) et dans le Nord des Apennins, entre Modène et Reggio Emilia, pendant l’été et l’automne des années 1788, 1789, et 1790. Les Viaggi alle due Sicilie furent ensuite traduits en français (Spallanzani 1795-1796), allemand (1795-1798) et anglais (1798).

Le premier de ces voyages réalisés entièrement aux frais de Spallanzani débuta en juin 1788 et fut entièrement consacré à l’observation de la nature. Spallanzani, alors âgé de 59 ans, accorda une importance particulière aux phénomènes volcaniques car il eut la possibilité d’observer personnellement le Vésuve et ses environs, de faire l’ascension de l’Etna et d’étudier en détail les îles Eoliennes. Les Volcans sont constamment présents dans les quatre premiers volumes des Viaggi et Spallanzani lui-même avait qualifié ce voyage en Italie méridionale de « vulcanico viaggio ». Le but de celui-ci était clairement mentionné dès le début de l’introduction du premier volume : il s’agissait de récolter des échantillons volcaniques pour le musée d’histoire naturelle de l’université de Pavie qui était totalement dépourvu de ce type de roches.

En réalité, le voyage de Spallanzani avait été entrepris dans le but de réaliser un programme de recherche, comme le démontrent à la fois son étude attentive de la littérature volcanologique existante consacrée aux régions méridionales de l’Italie et sa méthode de recherche comportant trois stades successifs : recherche bibliographique préalable ; observations approfondies et répétées sur le terrain ; réalisation d’expériences chimiques et analyse des échantillons récoltés.

Le contenu des « Viaggi » témoigne de cette méthodologie avec de magnifiques descriptions des phénomènes volcaniques, l’analyse détaillée des caractères lithologiques et les comptes rendus des expériences réalisées au laboratoire à l’issue des voyages, dans le but de déterminer la nature des laves et d’étudier le processus de fusion et de vitrification.

Après un mois passé à Naples à visiter les sites volcaniques proches de cette ville : La Solfatare de Pouzzoles, les Champs Phlégréens et l’Ile d’Ischia, Spallanzani se dirigea vers la Sicile. De Messine il alla à Catane et, le 3 septembre 1788, il atteignit le sommet de l’Etna. Pendant ses recherches sur ce volcan, parmi la riche littérature déjà existante, il prit comme référence l’ « Historia et météorologia incendii retraei anni 1669 » de l’érudit napolitain Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679), qui avait décrit la grande éruption de 1669. La planche de l’Etna contenue dans le premier volume des Viaggi est reprise de la planche originale publiée par Borelli et n’a été que légèrement modifiée. Ce fut la carte de référence utilisée par Spallanzani pour la région explorée, comme le montrent plusieurs citations dans le texte. On y voit la grande coulée de lave de 1669 au centre de la gravure. La planche du cratère de l’Etna fut au contraire dessinée personnellement par Spallanzani et achevée par le peintre officiel de l’université de Pavie, Giuseppe Francesco Sanfranchi. Les morceaux de lave AAA désignent les restes de l’éruption de 1787, tandis que les lettres BBB indiquent la périphérie du cratère.

Le 12 septembre 1788, Spallanzani quitta la Sicile et arriva à Lipari dont il fit sa base pour visiter les îles Eoliennes. Initialement, il pensait n’y séjourner qu’une dizaine de jours mais il y demeura en réalité un mois, jusqu’à la mi-octobre. A ce stade, Spallanzani était déjà arrivé au milieu de son voyage de six mois en Italie méridionale, qui s’acheva en décembre 1788. Son long séjour dans les îles Eoliennes et ses observations précédentes à l’Etna constituèrent une étape importante dans le développement de sa théorie volcanologique.

Les îles Eoliennes, situées au Nord-Est de la Sicile, ont particulièrement attiré Spallanzani… car elles lui offraient plus d’une possibilité de poursuivre ses projets de recherches sur le terrain. Avant tout, la structure et le matériel rocheux des îles Eoliennes n’avaient jamais été décrits en détail par aucun des érudits qui les avaient visités auparavant, comme le naturaliste suisse Antoine Deluc (1729-1819), qui l’avait fait en 1757, et le géologue français Déodat de Dolomieu (1750-1801), en 1781. Ce dernier avait en revanche établi une classification des roches de l’Etna (1788), tandis que le naturaliste Sicilien Guiseppe Gioeni (1747-1822) publia, deux ans après les voyages de Spallanzani, un livre sur la lithologie du Vésuve et de ses environs (1790).

Il est en effet très intéressant de souligner que tout le second volume (1792) et environ la moitié du troisième (1793) furent consacrés à l’analyse des caractères géologiques et volcanologiques du Lipari, du Stromboli et du Vulcano, ainsi que d’autres parties des îles Eoliennes. Ce traitement détaillé est assez significatif si l’on rappelle que les descriptions relatives à l’Etna, au Vésuve et à ses environs sont limitées au seul premier volume des Viaggi (1792). En outre, les îles Eoliennes étaient bien connues en tant qu’îles volcaniques et comme constituant des sites idéaux pour l’observation des bouches des cratères et également des rivages qui correspondent à la base de ces volcans. En effet, Spallanzani, considérait comme étant d’égale importance l’exploration des cratères et l’observation des rivages des îles ou l’érosion marine pouvait avoir mis à nu la structure lithologique interne des montagnes volcaniques.

Son rapport sur l’exploration des îles Eoliennes ne se limite pas aux ascensions des cratères et des autres reliefs mais inclut une circumnavigation autour des îles, à l’aide de petits bateaux, afin d’observer la morphologie des côtes. Les laves et les autres matériaux volcaniques furent examinés sur le terrain, et les résultats des expériences réalisées après le retour de Spallanzani à Pavie sont également rapportés dans les Viaggi, de même que diverses citations de textes, anciens ou contemporains, sur le même sujet, et provenant tout particulièrement des « Voyages aux îles de Lipari » de Dolomieu (1783). Ces citations sont comparées dans le texte avec les propres observations de Spallanzani et elles démontrent que son exposé sur les îles Eoliennes était à cette époque le plus complet. Spallanzani visita le cratère de Vulcano où il observa quelques laves basaltiques débitées en pierres de forme penta ou hexagonales qu’il appela « lave basaltiche o basaltiformi ». Spallanzani les considérait comme dus à la lente contraction de la lave qui n’avait pas débordé du cratère après une petite éruption : le refroidissement de morceaux de laves attachés aux bords internes du cratère avait causé la formation de ces formes régulières.

Le naturaliste italien passa trois jours à observer le Stromboli à la fois de la mer (notamment à La Sciara où la coulée de lave tombait dans la mer) et d’un excellent point d’observation situé au dessus du cratère, qui lui permit d’étudier l’activité éruptive principale, diverses fumerolles et un second cratère fumant. Pendant cette dernière excursion sur le terrain, Spallanzani réalisa que le Stromboli n’avait pas une activité volcanique intermittente comme l’avaient cru de nombreux érudits avant lui, mais manifestait une série continue d’éruptions et d’explosions qui pouvaient seulement être observées en totalité à faible distance.

Par la suite, pendant son retour du Stromboli au Lipari, il visita les îles Eoliennes mineures (Basiluzzo, Bottero, Lisca-Bianca, Dattolo, et Panarea) qui étaient toutes considérées comme des fragments d’une très ancienne île volcanique démantelée par la mer. Il décrivit aussi en détail la lithologie de Salino Alicudi et Filicudi, qui n’avaient jamais été décrites par aucun naturaliste, furent explorées pour la première fois par Spallanzani qui démontra clairement leur origine volcanique. La périphérie du Lipari et la majeure partie de son territoire furent également observées durant diverses excursions, ce qui permit de préparer des descriptions détaillées de la morphologie de l’île et de réaliser des analyses de différents types d’échantillons rocheux, en particulier d’obsidienne et de ponce, considérées comme étant d’origine volcanique a l’issue d’examens chimiques et minéralogiques.

Spallanzani conclut son étude des îles Eoliennes par quelques réflexions intéressantes sur la relation qui avait du exister entre le volcanisme de chacune d’entre elles. Il conclut que ces îles ont du être formées par le même feu central qui altéra les fonds marins dans les chenaux entre les îles et ouvrit trois bouches différents à Lipari, Salina et Vulcano (cette dernière était encore active en 1788). Alicudi, Filicudi, et Stromboli étaient au contraire séparés par des fonds marins formés de roches primitives non altérées par le feu.

Selon Spallanzani, le feu des volcans serait du à une énorme quantité de sulfures souterrains qui s’enflammeraient sous l’action de l’oxygène. Les recherches qu’il fit dans les îles Eoliennes lui parurent confirmer cette idée et contribuèrent également à renforcer sa conviction que les volcans avaient grandi, éruption après éruption, jusqu’à devenir de grandes montagnes stratifiées comme le Vésuve ou l’Etna.

Nous avons vu précédemment que Spallanzani examina quelques basaltes prismatiques dans le cratère du Vulcano et donna une interprétation de leur formation fondée sur le refroidissement au contact de l’air de morceaux de lave attachés aux parois du cratère. Comme l’a montré Morello (1982), la contribution de Spallanzani au débat européen de la fin du 18ème siècle sur l’origine du basalte est significative car elle montre qu’il était davantage un volcanologue qu’un « vulcaniste » passionné. Spallanzani était par ailleurs très prudent quand à la possibilité d’admettre une origine volcanique pour tous les basaltes, ou plus exactement pour toutes les roches qu’on appelait « basaltes » a la fin du dix huitième siècle. C’est pourquoi Spallanzani fit suivre ses conclusions sur la nature volcanique des îles Eolienne d’une longue section concernant l’origine des basaltes, dans laquelle il affirma que les deux principaux agents géologiques, l’eau et le feu, avaient été alternativement responsables, en fonction des différentes situations locales, de la formation des basaltes.

Les voyages dans les Deux Siciles se terminèrent par le retour à Naples à l’occasion duquel Spallanzani escalada finalement le Vésuve le 4 novembre 1788. Pendant cette excursion, il observa une éruption mineure dans une ouverture secondaire ouverte dans le flanc du volcan et décrivit en détail le comportement de la coulée de lave (direction, changement de fluidité et de couleur) ; il essaya également de mesurer sa température, sa vitesse et son étendue.

Les nombreux échantillons récoltés sur le terrain pendant les voyages en Italie méridionale vinrent enrichir le musée d’histoire naturelle de l’université de Pavie. De même, le désir de compléter cette collection avec des matériaux provenant d’une région de volcans éteints décida Spallanzani à explorer les collines Euganéennes, près de Padoue, pendant l’été 1789.

Les échantillons récoltés pendant tous ces voyages naturalistes et géologiques constituent d’importantes sources non écrites susceptibles d’être utilisées dans de nouvelles études historiques, il en est de même pour les instruments qu’utilisa Spallanzani."

 

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